Au menu de ce discours du premier ministre : salmigondis à la sauce béarnaise.
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A l'écoute attentive de ce discours empesé, on se demande après coup ce que les socialistes ont bien pu obtenir comme avancées à la suite de leurs tractations de coulisses tant décriées et sujettes à noms d'oiseaux habituels genre "traitres" et "collabos". Rien sur l'augmentation du pouvoir d'achat, rien sur l'état tragique de notre système de santé, rien sur cette priorité que devrait être le logement dont l'état dans ce pays relève d'un scandale absolu... Même quand on attend rien, on est tout de même déçu.
Certes, pour ménager la chèvre et le chou, Bayrou a annoncé dans le même temps une concertation sur la réforme des retraites et qu'il allait "demander à la Cour des comptes une mission flash de quelques semaines" en vue d'établir "un constat" fondé sur "des chiffres indiscutables" qui seraient communiqués à tous les français. Mais un esprit affuté aura noté que l'issue de cette concertation sur les retraites est déjà pipée dans la mesure où il a été précisé par le premier ministre que si les partenaires sociaux ne se mettaient pas d'accord, la réforme actuelle s'appliquerait. Le jeu est donc couru d'avance dans la mesure où l'on sait déjà que le MEDEF s'opposera à toute modification si ce n'est cosmétique de cette réforme.
Pour le reste, je passerai sur le blablabla d'ouverture de son intervention où Bayrou a cru bon d'insister sur le fait que la position de son gouvernement était finalement enviable, puisque lorsqu'on est dans une situation aussi difficile, "on est contraint au courage"... Cela ne m'a même pas extorqué un sourire. Car les grandes lignes de ce DPG ont surtout été marquées par de grands leitmotivs auxquels je n'adhère pas :
"Bayrou, pour reprendre une citation célèbre d'un plus grand que lui, n'a cessé de sauter comme un cabri en criant "La DETTE ! La DETTE ! LA DETTE ! " . Tout son discours en a été empesé, constellé, et appesanti ostensiblement. Toute la classe politique en a pris pour son grade puisqu'il a énuméré chacun des responsables de cet endettement, de Mitterand jusqu'à Macron :
Il a détaillé l’augmentation de la dette sous les mandats de François Mitterrand, Lionel Jospin, Nicolas Sarkozy, François Hollande et… Emmanuel Macron. « Entre 2007 et 2012, accélération de l’endettement, 25 points d’augmentation cf; Sarkozy] En 2012 et 2017, François Hollande, 10 points d’augmentation […] et depuis 2017, Emmanuel Macron, 12 points. » « Je n’en fais pas un motif d’accusation et j’en connais les raisons, poursuit-il : François Mitterrand, c’était l’alternance, il fallait que les Français y trouvent leur compte. Nicolas Sarkozy, c’était la crise des subprimes. Emmanuel Macron, coup sur coup, une cascade de crises » (source)
Concernant la source de cette dette, il a soutenu que le financement des retraites en représentait 50 %. C'est factuellement faux. En effet, selon les derniers chiffres dont on dispose, c'est l'ensemble des dépenses de protection sociale qui atteint cette part. Celle des retraites en France atteint 24,7 %, ce qui est au dessus de la moyenne des pays européens (23,9%), mais bien plus faible qu'en Italie par exemple ( 28,8 %, alors qu'elle est particulièrement réduite aux Pays bas : 14 %). (source).
On peut ici souligner qu'il est particulièrement malhonnête d'utiliser cet argument pour justifier le bien fondé d'une réforme des retraites si unanimement contestée des français, alors qu'à aucun moment les gouvernements macronistes précédents n'ont tenu compte des propositions alternatives de financement dont certaines très sérieuses comme celle du NFP conduisaient pourtant à son équilibre, en préférant avoir recours à un 49,3 pour faire taire toute voie discordante.
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Enfin, cette sortie appuyée du macroniste qu'est Bayrou sur l'immigration, qui a du faire jouir Retailleau. Ses propos sont venus prolonger l'orientation xénophobe de ce pays, en se concentrant sur le fait que 93 % des OQTF ne seraient pas appliquées... et que donc il s'agit de dépasser l'extrême-droite sur son sujet de prédilection ?
Allez bien vous faire cuire le cul ! La continuation de votre politique détestable, pour les mêmes causes, produira invariablement les mêmes effets, et je table dès à présent sur un nouveau gouvernement d'ici l'été, sans trop grande crainte de me tromper. On ne change pas une orientation qui perd. Et le macronisme, à coup sûr, est en train de connaitre ses derniers avatars, et dernières convulsions.
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