Afin d'assoir son idéologie proto-fasciste aussi ultra-sécuritaire que raciste et homophobe, cet ignoble sinistre de l'intérieur n'a pas répugné à dérouler sa propagande totalement déconnectée de la réalité, relayé en cela par un système médiatique généralement (il y a des exceptions) aussi complaisant que paresseux. Il a ainsi annoncé une monumentale émeute impliquant (rien que ça) "Entre 400 et 600 personnes" à Poitiers, suite à un événement bien réel, lui :
Et voilà comment Retailleau traduit à sa sauce malodorante cette fusillade tragique :
" ça a commencé par une fusillade sur un restaurant, et ça s'est achevé par une rixe entre bandes rivales qui a engagé plusieurs centaines de personnes. Le Préfet m'a fait un compte rendu et on me parle d'entre 4 et 600 personnes". (source)
Sauf que : c'est FAUX. Le procureur en charge de l'affaire a lui-même a été contraint de contredire cette version malveillante et mensongère en rétablissant les faits, et rien qu'eux :
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Le procureur décrit dans ce point de presse une situation où un jeune était allongé à terre devant un kebab, blessé par balles à la tête, pendant que deux autres victimes de la fusillade, plus légèrement blessées, s'étaient rendues à l’hôpital par leurs propres moyens. Les policiers présents sur place parlent d'une soixantaine de personnes qui s'étaient regroupées sur le lieu de cette fusillade "pour savoir ce qui s'était passé". On voit bien là que nous sommes fort loin de l'histoire grossière relevant du mythe urbain de la rixe entre bandes rivales du Ministre de l'Intérieur...
Cette version grand-guignolesque, la maire de Poitiers, Léonore Moncond'huy, a d'ailleurs également été obligée de la contredire:
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"D'après mes informations, on ne peut pas parler de 400 à 600 personnes impliquées dans la rixe. C'est a priori bien au-delà de la réalité", a tenu à rectifier la maire écologiste, qui considère qu'"on ne peut pas non plus parler d'émeutes à Poitiers". Une source policière, présente sur place, parle en effet de "50 à 60 personnes" présentes sur les lieux de la rixe.
"L'enquête est en cours. Cette scène s'est passée sous des caméras de vidéosurveillance, ce qui va nous permettre de déterminer le nombre de personnes réellement impliquées", ajoute-t-elle, alors que l'affaire se transforme déjà en nouvelle polémique sur la sécurité des villes.
(source)
Alors, je pose la question : dans quelle société peut-on aussi impunément, en haut lieu, trafiquer à ce point la vérité en colportant une telle rumeur, uniquement destinée à l'affolement public afin de mieux faire accepter l'idée d'une loi fortement liberticide, de nature à faire taire toute opposition ? Nous nous rapprochons, dans ce pays, de plus en plus honteusement d'une vision Trumpiste de la société, et ça ne va pas vraiment dans le bon sens...L'esprit de responsabilité d'un tel ministre n'aurait-il pas consisté davantage à porter l'apaisement, en rétablissant les faits, et rien qu'eux, plutôt que de jeter de l'huile sur un feu qui n'en a pas besoin ? Tout ça pour justifier sa prétendue guerre contre le narco-traffic, dont on sait déjà à quelle impuissance publique elle va mener, plutôt que d'explorer d'autres voies, contrairement à ses prédécesseurs à l’esprit tout aussi étriqué, qui refusent de voir, à l'inverse d'autres pays européens, dans la légalisation une possibilité de sortir de ce cul de sac permanent...et de couper l'herbe sous le pied des dealers. Ne serait-ce pourtant pas une bonne occasion également de renflouer les caisses de l'Etat, puisque c'est dans l'air du temps ?
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