Je voulais justement consacrer un article aux discriminations syndicales, de plus en plus flagrantes, et sans réel contre-pouvoir dans notre pays, depuis que Macron est au pouvoir, que le code du travail est peu à peu vidé de sa substance, et que les "partenaires sociaux" sont de plus en plus fragilisés et mis à l'écart par un pouvoir autocratique qui y a grand intérêt, comme l'histoire politique et électorale récente
le démontre factuellement. L'actualité m'en donne l'occasion. Dans
un article de Bastamag, je découvre à l'instant une société de la hi-tech aux pratiques peu ragoûtantes, résolument anti-sociales. Il s'agit d'un "
géant des puces électroniques, STMicroelectronics sur son site de
Crolles, près de Grenoble (Isère). L’entreprise de semi-conducteurs,
cotée au CAC40, y emploie autour de 5000 personnes."
On y décrit comment
le gouvernement a débloqué 2,9 milliards d’euros de subventions dans le
cadre du plan France 2030 et du « Chips (puces) Act » européen. Ce
programme vise à relocaliser la production de semi-conducteurs, très
concentrée en Asie, et dont la demande est portée par l’essor de
l’intelligence artificielle. Mais aussi, et surtout à mes yeux, que
" la société a fait l’objet de plusieurs condamnations pour
discrimination syndicale. Dans une décision du 1ᵉʳ février 2024, la cour
d’appel de Grenoble reconnaît que la politique de STMicroelectronics
est « de nature à dissuader les salariés de s’engager syndicalement et a fortiori d’assumer des mandats de représentation. »
Le salarié ayant porté l’affaire devant les tribunaux a subi une
stagnation de son coefficient salarial durant treize ans à partir de
l’année 2010, au cours de laquelle il s’est engagé à la CGT. (source)
Voilà un exemple typique de la politique de Macron avec laquelle il s'agit de trancher, lui qui favorise un peu trop systématiquement les acteurs économiques les plus puissants, au détriment des plus humbles. On sait maintenant en effet que cette générosité publique exclusivement consacrée au monde économique plutôt qu'aux français qui en ont le plus besoin (fort avec les faibles, faible avec les forts) est
l'une des causes principales d'un déficit abyssal
montré du doigt par les instances européennes. On arrose les entreprises d'argent public sous le prétexte souvent fallacieux qu'elles vont créer des emplois, ce qui est parfois vrai, mais à très court terme. Car une fois les équipements rentabilisés, il n'est pas rare que la société ainsi généreusement surdotée déclare du jour au lendemain qu'elle met la clé sous la porte pour aller s'installer ailleurs, sans autre forme de procès. En Lorraine, ce phénomène, on le connait bien, à travers d nombreux exemples qui ont défrayé la chronique en leur temps... Et ce point noir de la politique macroniste libérale prédatrice, ce n'est pas un gauchiste qui le dit, mais la très officielle Cour des Comptes :
Pourtant, l'histoire ne sert franchement pas de leçon aux financeurs publics du paquebot France. Pour être honnête,
l'Huma avait déjà sorti un papier sur cette entreprise pas vraiment vertueuse en matière de politique sociale. On y apprenait également que
« Cette année (2022 ndlr) on a embauché 430 personnes mais 230 sont parties parce que les salaires ne suivent pas. »
Une étude de la CGT ayant mis le sujet en lumière, l’inspection du
travail s’en est emparée en 2021. Dans un courrier du 4 juin, elle a mis
en demeure la direction du site d’appliquer un « plan de résorption de la précarité », pointant « un volume particulièrement important » de travailleurs intérimaires et en CDD.
Sous prétexte de relocalisation de certaines productions stratégiques, doit-on accepter une telle situation ? C'est bien là tout l'enjeu également des résultats des dernières élections législatives anticipées. De ce monde là, en voulons nous encore ? Le fait que la gauche (la vraie) gagne devrait pourtant nous alerter. Mais c'est pourtant l'extrême droite que Macron préfère écouter. A cela, rien d'illogique : l'extrême-droite est le meilleur ami des patrons. Démonstration factuelle :
Et après, on va tenter de nous faire croire que le RN, et plus largement l'extrême-droite sont l'expression de la colère populaire et que ses élus défendent es intérêts des plus humbles ? Pour moi qui étudie le sujet et observe la fachosphère depuis maintenant près de 20ans, voilà une fable qui ne résiste pas très longtemps à l'analyse... et aux faits. La preuve par STMicroelectronics, cette fois ci, parmi d'autres...
Je laisse donc une trace, au cas où. ;)
NB. Le pédigrée de la dame qui chouchoute avec tant d'amour les salariés de cette prestigieuse société est ici.
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