C'est par ce titre provocateur que je veux introduire le débat sur le rôle de l'Arcom dans ce pays. Il me semble en effet qu'il devrait jouer plus pleinement son rôle de régulateur de la communication audiovisuelle et numérique de ce pays, comme ses statuts l'y obligent. Sa fonction participe à mes yeux d'une fonction éminemment démocratique. Or, nous assistons depuis de nombreuses années à une prise en main du PAF par des intérêts non seulement financiers mais également idéologiques, avec notamment le rôle prédominant d'un certain Bolloré, qui est de notoriété publique. Cette main-mise de l'oligarque français n'est pas sans conséquences, comme on l'a vu récemment, sur notre vie politique, et sur la manipulation des masses laborieuses par le biais de médias terriblement orientés, comme c'est le cas de CNews pour seul exemple concret. Mais le consortium qu'est en train de mettre en place Bolloré, une véritable machine de guerre idéologique acquise aux pires thèses de l'extrême-droite, ne s'arrête pas comme chacun le sait à cette seule chaîne. C8, Europe 1, Canal en font également partie. On ne peut d'ailleurs que s'interroger sur l'étrange raison qui pourrait expliquer pourquoi la loi sur la concentration des médias ne s'applique pas en l'espèce. J'en appelle aux juristes... Cela me dépasse tout en me remplissant de perplexité, et je ne suis pas le seul.
On se rappellera utilement à ce sujet qu'en février 2024, l'Arcom se faisait déjà taper sur le doigts par le Conseil d'Etat qui invitait cet organisme à faire respecter l'obligation de pluralité des informations des chaînes TV, en contrepartie de la gratuité de l'attribution d'un canal. Le moins qu'on puisse dire et écrire, c'est que celle-ci n'est pas du tout respectée par Cnews ou C8. On ne compte plus le nombre de saisies de l'Arcom et de sanctions judiciaires pour chacune de ces chaînes. De nouvelles sanctions financières viennent d’ailleurs de tomber au moment où j'écris ces lignes, l'une à propos d'une assertion raciste nullement démentie en plateau, et l'autre pour un propos niant la réalité du dérèglement climatique, toujours sans aucune contradiction de la part des animateurs de l'émission en question :
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Mais il convient de préciser ici que la nature des sanctions en question sont si peu dissuasives que cela ne peut que faire rire le grand financier de ces chaînes, qui n'est franchement pas à ça près, et c'est là où est tout le problème : est-ce que la représentation nationale, et les organes de régulation mis en place peuvent continuer à accepter que l'on puisse aussi impunément se moquer d'eux ? Laissera-t-on encore l'un des acteurs de la fachosphère médiatique de ce pays, j'ai nommé Hanouna, se foutre de leur gueule à ce point ?
On voit bien comment, si l'on veut lutter non seulement contre la percée des idées d'extrême-droite de ce pays, mais également pour le droit à une information correcte, plutôt qu'à l'entreprise de désinformation totale sur tous les sujets à laquelle se livre l'empire Bolloré, il apparait nécessaire de procéder à une restructuration totale de notre paysage médiatique français. La sauvegarde de notre démocratie est à ce prix.
Or, l'Arcom est en train actuellement de procéder à un certain nombre d'auditions pour décider de l'attribution de canaux gratuits : En 2025, les autorisations accordées aux chaînes Canal +, C8, W9, TMC, TFX, NRJ 12, BFM TV, CNews, CStar, Gulli, LCI, Canal + Cinéma, Canal + Sport, Planète + et Paris Première arriveront à échéance. L'audition des candidats est visible ici.
Ces auditions auront lieu à partir du lundi 8 juillet et jusqu'au mercredi 17 juillet. Les conseillers de l'Arcom entendront les propositions des 24 candidats aux 15 fréquences de la télévision numérique terrestre (TNT). L'enjeu est donc important.
Certains camarades du NFP espèrent que les turbines à lisier racistes, complotistes et de désinformation que sont CNews et C8 soient retoqués. Si l'Arcom jouait pleinement son rôle, ce devrait être le cas, tant les ajustements que proposent par exemple CNews sont ridicules, comme l'ont bien compris les conseillers qui ont auditionné leurs représentants. Un léger différé n'empêchera nullement cette chaîne de poursuivre son entreprise idéologique sous l’influence de Bolloré et tout le monde le sait. Je me souviens ainsi d'un exemple de transgression qui, porté à la connaissance de la direction de la chaîne, cette dernière a choisi de passer outre. J'espère que les conseillers de l'Arcom ne sont pas dupes.
D'où mon titre : l'argent achète-t-il tout, dans ce pays, même l'Arcom ?
A suivre....
Nota Bene : si vous souhaitez suivre les détails des épisodes relatifs à cette thèmatique, je ne saurais trop vous conseiller la saga des Garriberts sur ce même sujet. C'est par là, sur Les Jours (en abonnement).
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