Merci #SciencesPo Paris de porter le débat 👍 #Gaza

 


Ce qui est en train de se passer en ce moment à Sciences Po Paris est tout à fait illustrateur des tensions et de la radicalisation des opinions d'un côté comme de l'autre de l'échiquier politique.  Si je me suis souvent tenu au leitmotiv assez consensuel d'autrefois qui consistait à marteler qu'il ne fallait pas importer le conflit israélo-palestinien ici, le temps est venu de sortir du silence et de crier sa honte et son indignation absolue de ce qui se passe sur la bande de Gaza, et maintenant au delà.  Les réactions que j'observe sur le sujet, sur différents réseaux "sociaux",  sont tout à fait instructives quant à l'atmosphère de conditionnement des opinions publiques par la sphère médiatique. Il est devenu à présent interdit de penser, d'agir, et de réagir face au massacre des palestiniens, hommes, femmes et enfants innocents qui,  à moins d'une mauvaise foi insupportable et d'un endoctrinement idéologique indiscutable, ne peuvent être amalgamés sans honte aux ordures du Hamas, terroristes et antisémites, dont on sait quels ignobles massacres d'autres innocents ils ont commis le 7 Octobre 2024. Et nous n'oublions pas - une pensée pour eux - ces otages qu'ils détiennent encore..

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 Or, on a beau avoir une conscience, une culture, un cerveau, et des émotions, le simple fait de les utiliser, ensemble ou séparément aujourd’hui, devient un peu trop visiblement un acte de rébellion totalement insupportable pour les pouvoirs en place... au point de réprimer automatiquement sans la moindre once de préoccupation démocratique toute tentative de manifestation, ce qui ne peut être que condamnable.    Et même émettre une idée divergente de ce qui est communément admis (c'est à dire que l’État Israélien a le droit de massacrer tous les individus qu'il souhaite sans autre forme de procès équitable, et même de dépasser les frontières de son pays pour aller répandre la terreur sur les pays voisins), voilà qui est un peu trop systématiquement assimilé à de l'antisémitisme. 

 


Mais ce n'est pas de chance, je ne le suis définitivement pas. Et je ne suis pas certain qu'accuser à tout va d'antisémitisme tout propos qui ne va pas dans le sens de cette folie meurtrière  - qui ne semble pas connaître de limites hélas - favorise la pourtant nécessaire lutte universelle et éternelle contre l'antisémitisme, qui aura toujours besoin de nos forces et de notre intelligence collective pour faire baisser la tête aux monstres ignominieux et à leurs continuateurs dont les idées ont engendré cette ignominie inoubliable qu'est la Shoah. 

J'ai vu certains commentateurs plus ou moins connus, comme Bruno Jeudy  - qui devrait mieux cacher son adhésion au macronisme finissant - s'indigner de l'action éminemment politique des étudiants de Sciences Po, en criant au complot et à l'influence sous-jacente de LFI, qui selon lui - comme c'est facile, ce niveau zéro de l'analyse, "soufflerait sur les braises". Je ne connais que trop bien ces gens là qui ne cessent d'invoquer la figure du diable de confort qu'est Mélenchon pour cette droite bon teint. Sauf que. Ce n'est pas de bol, je ne suis pas davantage mélenchoniste. Ceux qui m'ont lu dans une autre histoire savent bien ce que je pense des soi-disant zinzins soumis, dont rien que l'intitulé de leur parti déliquescent est une escroquerie intellectuelle. De plus, je considère que c'est franchement là insulter l'intelligence des étudiants qui manifestent leur solidarité avec le peuple palestinien victime d'un massacre ignoble et insupportable, que de les prendre pour de simples victimes d'une influence extérieure. N'ont-ils pas leur propre raisonnement, leur propre conscience, leur propre construction idéologique ? Qui mieux qu'eux, en ce lieu précisément, peut se faire une idée autonome,  et construite ? 

Je remercie officiellement ces étudiants d'avoir réveillé la flamme du débat politique, que les supporters au front bas de Macron, acquis à des intérêts qui ne sont pas les nôtres, ont si visiblement et durablement tenté d'éteindre en renvoyant à la radicalité, jetant dans le même sac d’opprobre publique et médiatique l'extrême droite et l'extrême gauche, alors qu'ils sont eux mêmes les vecteurs indiscutables d'une idéologie que la majorité des français ne partagent pas, et qui ne sert que quelques uns, qui se servent, assurément. 

Je condamne par ailleurs l'intrusion un peu trop systématique des forces de l'ordre dans les Universités alors qu'il y avait autrefois comme le rappelle le journaliste ci-dessous une tradition séculaire qui consistait à considérer  les enceintes universitaires comme des lieux sacrés, dans lesquels on entrait pas comme dans un moulin, alors que c'est assez tristement le cas aujourd'hui, et j'avoue que je n'arrive pas à m'habituer à cette régression sécuritaire : 

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Aussi, en vertu de ces différentes considérations très personnelles,  je tenais à partager la réaction pleine de bon sens et d'intelligence face à cette pantomime d' une journaliste de Médiapart dont j'apprécie généralement les prises de position courageuses, elles-aussi nourries de conscience et d'une compréhension du monde très personnelle, et indéniablement intéressante :  Ellen Salvi

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