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Une petite aparté pour commencer : à l'occasion de ce billet d'humeur, je découvre que le Président américain se nomme en réalité pour l'Etat Civil de son pays Joseph Robinette Biden. C'est vraiment ridicule, et je comprends qu'il n'ait pas choisi de l'ébruiter. Sans quoi cela entacherait sérieusement sa crédibilité, et entamerait ses chances de concourir... à sa "propre" succession.
Un peu plus sérieusement, ce n'est pas son deuxième prénom qui explique son retrait de la campagne présidentielle américaine. En fait, une partie de son propre camp le pressait déjà instamment de retirer sa candidature avant la convention nationale, en août, pendant laquelle il devait être formellement investi.
La candidature de l'octogénaire n'a en effet cessé d'être critiquée en raison de son âge avancé. Les premiers à faire ce reproche au démocrate ont été ses adversaires républicains, qui dans le sillage de Trump, cet immonde personnage, ne répugnent jamais à aucune bassesse, et surtout pas l'âgisme, cette discrimination aussi intolérable que d'autres. Pourtant leur ignoble candidat n'a que 4 ans de différence. Mais la honte ne les étouffe pas.
Le sort de l'actuel Président américain semblait cependant déjà scellé par sa médiocre prestation lors du débat contre Donald Trump du 27 juin. Certains moments malaisants pendant lesquels Biden semblait se trouver en pleine confusion mentale, comme perdu, ou cherchant ses mots, ont jeté le trouble sur sa capacité à tenir un autre mandat.
Mais par delà son âge, ce sont également les nombreuses gaffes de Biden qui peuvent expliquer ce retrait, et le souhait des démocrates de le voir se retirer. En février 2024, il avait ainsi confondu Macron et... Mitterand. Ce n'est pas franchement le même calibre, ni la même génération, vous avouerez. Début juillet
encore, lors d'un sommet de l'Otan, le démocrate a été épinglé pour
avoir annoncé par erreur le "président Poutine" au moment d'accueillir son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky. Franchement, oui, ça fait tache.
"Mes chers compatriotes,
Depuis trois ans et demi, nous avons fait de grands progrès en tant que Nation.
Aujourd’hui, l’Amérique a l’économie la plus forte du monde. Nous avons réalisé des investissements historiques dans la reconstruction de notre pays, dans la réduction du coût des médicaments pour les personnes âgées et dans l’accès à des soins de santé abordables pour un nombre record d’Américains. Nous avons fourni des soins indispensables à un million d’anciens combattants exposés à des substances toxiques. Nous avons adopté la première loi sur la sécurité des armes à feu depuis 30 ans. Nommé la première femme afro-américaine à la Cour suprême. Et nous avons adopté la législation climatique la plus importante de l’histoire mondiale.
L’Amérique n’a jamais été aussi bien placée pour montrer la voie qu’aujourd’hui.
Je sais que rien n’aurait été possible sans vous, le peuple américain. Ensemble, nous avons surmonté une pandémie centennale et la pire crise économique depuis la Grande Dépression. Nous avons protégé et préservé notre démocratie. Et nous avons revitalisé et renforcé nos alliances dans le monde entier.
Vous servir comme président a été le plus grand honneur de ma vie. Et bien que mon intention était de me représenter, je pense qu’il est dans l’intérêt de mon parti et du pays que je me retire et que je me concentre uniquement sur l’exercice de mes fonctions de président jusqu’à la fin de mon mandat.
Je m’exprimerai à la Nation plus en détail sur ma décision plus tard cette semaine.
Pour l’heure, permettez-moi d’exprimer ma profonde gratitude à tous ceux qui ont travaillé d’arrache-pied pour me voir réélu. Je tiens à remercier la vice-présidente Kamala Harris pour avoir été une partenaire extraordinaire dans tout ce travail. Et permettez-moi d’exprimer ma sincère gratitude au peuple américain pour la foi et la confiance que vous avez placées en moi. Je crois aujourd’hui ce que j’ai toujours cru : il n’y a rien que l’Amérique ne puisse faire - lorsque nous le faisons ensemble. Nous devons simplement nous rappeler que nous sommes les États-Unis d’Amérique." (source de la traduction) (lettre originale ici)
Joe Biden a donc déjà donné sa préférence à sa vice-présidente, Kamala Harris, pour le remplacer, comme candidat et comme Président.e. Pourquoi pas ?
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Une femme à la tête des USA ? Une idée qui, je l'avoue, me séduit. Mais j'ignore totalement à l'heure où j'écris ces mots si elle a des chances d'être investie par son parti. De loin, à travers mon ignorance de la politique américaine, j'ai l'impression que la crédibilité des candidats américains apparait davantage conditionnée par leur compte en banque et à leur capacité à lever des fonds pour faire campagne que pour la qualité de leurs propositions et de leurs idées. Sans quoi les américains n'auraient pas élu un imbécile comme Reagan, ou pire, comme Trump.
Et en cela, je ne considère pas qu'il s'agit d'un système conforme à l'idée que je me fais de la démocratie.
Post-scriptum : voilà qui est plutôt bon signe, et fait pour me rassurer... L'inverse de Trump, somme toute :)
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