J'ai longtemps tenu un blog politique, tout d'abord simplement militant, classé à gauche toute, puis résolument antifasciste, pendant 15 ans.
D'une notoriété toute relative, il ne m'a pas valu que des amis et le fait de recevoir des menaces de mort devenait presque horriblement routinier.
A la longue, et avec le recul, je n'aimais pas ce qu'il me faisait devenir : une boule de nerfs, haineuse, agressive, prompt à sauter à la gorge du moindre détracteur, aigri, désespéré, désabusé, cultivant le cynisme comme d'autres le cannabis...Jusqu'à ma manière d'écrire devenait celle d'un sniper, bien davantage soucieux de "claquer son beignet" à tous ceux que je n'aimais pas plutôt que de me rapprocher du portrait cher à mon cœur d'un amoureux des mots et de la langue, courtisan des belles idées... Celui que j'aspire à devenir précisément aujourd'hui.
Et puis un jour, j'ai rencontré celle dont j'espère qu'elle deviendra ma femme, un jour. Et j'ai tout stoppé net, du jour au lendemain, pour retourner dans l'oubli, si apaisant.
Cela fait maintenant deux ans que j'ai jeté les gants de mon blog de combat contre les forces du mal et je ne regrette rien, malgré de multiples sollicitations pour revenir "au charbon". Il faut dire que l'air du temps rend cette lutte plus que jamais impérieuse, nécessaire. Mais j'ai donné, plus qu'à mon tour... Autre temps, autre réponse, autres besoins fondamentaux. M'éloigner des territoires de la haine m'est à présent profondément nécessaire.
Aujourd'hui, tout est différent. Je conçois ce blog comme le seul espace que j'ai pu trouver pour un éditorialiste sans journal fixe, le seul que Chat GPT ne pourrait écrire. Car en laissant maturer longuement mes idées, elles prennent des circonvolutions et empruntent des références connues de moi-seul, non répertoriées ni cartographiées d'aucune manière en ce monde. Car j'emprunte au sel de ma vie même, celle qu'aucun moteur de recherche n'a réussi à googliser.
Pendant cette phase de maturation, j'ai pensé à un plus auguste prédécesseur qui pourrait me servir de référence, dont j'apprécie l'apparente légèreté. Et puisqu'il se qualifie lui-même d'épicier, je serai forgeron. Comme un volcan en moi a viscéralement besoin de laisser s'épancher sa lave.
Cela fait maintenant deux ans que j'ai arrêté de tenir un blog aux billets quotidiens, parfois même plusieurs dans la même journée. Je veux celui-ci plus léger. M’alléger oui, le mot est juste, plutôt que de m'alourdir de tout le poids de la misère et de l’injustice du monde. Un billet hebdomadaire, bien senti et bien écrit, me satisferait bien mieux que ce rythme de stakhanoviste d'alors.
Je me nourris du silence, qui m'est tellement bénéfique, loin de la saturation informationnelle qui nous envahit au quotidien.
Voilà pour les présentations. A présent, débattons. Mais pas avec n'importe qui, ni de n'importe quoi et surtout pas n'importe comment.
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