Les incendies, c'est politique

 A la faveur de plusieurs billets de blogs ici, je n'ai cessé de le marteler : la défense de l'environnement, le réchauffement climatique, les canicules, tout cela est un continuum de nature éminemment inflammable : c'est politique. 

Or, s'il est acquis qu'il faille une alerte générale, une sensibilisation globale,  un éveil des consciences, un sursaut planétaire, tout cela ne suffit plus.  Car ce qui est fait ici peut être détruit là. Il y a toujours un ailleurs dans lequel un Caligula (très) quelconque va nier la réalité de ce phénomène scientifique, s'en tamponner le coquillard en provoquant, pour seul exemple, des guerres à travers le monde, qui ne feront par delà l'horreur humaine qu'elles constituent qu'aggraver ce réchauffement criminel. 

Je n'ai jamais vu autant d'incendies de toute ma vie, ni dans de tels endroits. Autrefois cantonnés au Sud de la France, avec le rituel estival des images de collines brûlées aux images du 20 heures, ils gagnent du terrain à travers tout le pays au point qu'aucun recoin de régions autrefois épargnées n'est indemne. Même la Bretagne, vous vous rendez compte ? Même mes Vosges natales que je n'ai jamais vues,  du haut de mes plus de soixante années,  embrasées par des incendies majeurs sont maintenant touchées. Mais ça tout le monde s'en fout, que le massif du Kemberg se trouve lui aussi meurtri...

Faudra-t-il donc qu'une forêt si symbolique, aux portes de Paris, que celle de Fontainebleau soit atteinte par ce mal absolu pour que nos politiques réagissent enfin et se décident dès maintenant à mettre un terme à la folie d'intérêts économiques dominants qui vont à ce point à l'encontre de nos intérêts collectifs, et notamment celui de survivre ? Doit-on vous rappeler sans cesse l'image de cette voiture qui fonce dans le mur en klaxonnant ? On y est pourtant, à présent totalement, dans le mur !

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Pourtant, ce sont les écolos qu'on marginalise, dont on dit pis que pendre (1) alors qu'on devrait les avoir entendus, respectés depuis bien longtemps et mis en œuvre davantage de leurs mesures, ce que les gouvernements successifs ont pourtant choisi d'atténuer depuis de (peut-être) trop triomphaux accords de Paris qui n'ont pas vraiment je crois donné le la de ce qu'il conviendrait de faire... Pire, cette conscience écologique indispensable est tellement atténuée qu'on se demande ce qu'il en reste. Et ça ne va pas dans le sens de la résolution de nos petits problèmes qui commencent à présent à s'étaler au grand jour, jusqu'à gâcher nos vacances estivales, et pas seulement dans le sud... 

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Je dis ça, je dis tout de notre monde comme il va mal. Et j'assiste, impuissant, à ce monde qui brûle en maudissant nos politiques de tous bords, qui continuent de s'entredéchirer pendant que le monde court vers notre perte. Et comme j'ai honte de ce spectacle désolant là, dans lequel je m'inclus, me maudissant avec de ne rien pouvoir faire, si ce n'est continuer d'écrire. C'est bien peu, je le sais. Mais c'est tout ce qu'il me reste, devant la folie de ce monde. 

(1)  ... Des écolos qu'on va, comme l'a fait l'infâme Darmanin, jusqu'à traiter de Khmers verts avec la bénédiction de l'Arcom. Un syndrome du mal du siècle, assurément. 

 

 

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