En souvenir de Bénito, mon édito personnel pour ces #Municipales2026

 

L'exercice semble convenu. Tenter de tirer des leçons d'un scrutin apparait comme un lieu commun, accessible à n'importe quelle discussion de café, quelles que soient les compétences intellectuelles de celui ou de celle qui s'y essaie. J'ai entendu Patrick Cohen s'en charger ce matin, sur France Inter. Son premier enseignement était relatif au niveau abstention :
 
 "environ 22 millions de citoyens sur 50 millions d'inscrits n'ont pas jugé bon de se déplacer pour choisir l'équipe qui va gouverner leur ville et leur quartier dans les 6 ou 7 ans à venir. Demain ou l'an prochain, ils pourront laisser à une minorité le choix du futur président de la république comme c'est passé aux législatives de 2017 et 2022 avec moins de 50 % des inscrits aux urnes. Notre démocratie est malade". 

C'est un problème démocratique fondamental, en effet. Voilà qui rejoint le point que j'évoquais hier ici. Le remède à ce mal de représentativité qui devrait entacher toute élection est à mes yeux tout trouvé : la reconnaissance du vote blanc pourrait jouer un rôle essentiel pour retrouver le chemin de cette démocratie perdue. Le RN n'est si fort que parce que certains ne votent plus. Et la fachosphère jouit de cette désaffection dont la médiocrité de l'offre politique est la cause. 

Mais je vois pour ma part un deuxième point à relever de ces élections : une incroyable différence de traitement entre la gauche et la droite de la part des médias, ainsi qu'un positionnement plus que paradoxal des partis de gauche. Alors que LFI est traité de tous les maux, ils adoptent une position qui m'apparait vertueuse vis à vis de l'extrême-droite en appelant à se désister en faveur de la liste la plus proche d'emporter le scrutin. L'inverse n'est pas vrai. 

 

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Ainsi, à Marseille, le PS refuse une alliance avec lFI, au risque de laisser la commune la plus grande après Paris passer dans les mains du RN. Le score entre Benoit Payan et son challenger d'extrême-droite, Franck Allisio, est on ne peut plus serré en effet (respectivement 36,7 et 35,2 %). Cela m'apparait comme une faute morale impardonnable. Et rien ne saurait justifier cela. Si cela devait se produire, le PS aurait des comptes à rendre, qui se surajouteraient aux incroyables compromissions avec le pouvoir auxquelles nous avons pu assister ces derniers temps,  lorsqu'ils ont refusé de censurer un gouvernement pourtant particulièrement antisocial, et si outrageusement favorable aux intérêts dominants. 

Enfin, je noterai pour ma part ce qui est décrit par beaucoup comme un écart de langage de Nathalie Saint Cricq (mais que je qualifierais pour une fois d' avis pertinent),  qui a osé qualifier, se croyant hors antenne, le petit fasciste qu'est Eric Ciotti, félon à son propre parti, et brouteur de la fachosphère, de "Bénito" (en référence à Mussolini). 

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Je ne vois franchement pas où est le problème. Car ce qualificatif, il le porte à merveille, quand on connait son parcours comme ses idées détestables, loin, bien loin de l'humanisme requis à mon sens.

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Post-scriptum : j'ai oublié dans cet édito un point important que je fais mien également : 

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 Je ne sais pas à qui il pense en particulier, mais moi, très clairement, à Rachida Dati. Je me demande encore, après avoir écrit ceci, comment on peut avoir le toupet de se présenter à une quelconque élection que ce soit, avec un tel palmarès judiciaire. Cela devrait constituer une honte absolue. 

 

  

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