je n'ai pas stoppé l'activité de mon ancien blog antifasciste pour répéter ici la même expérience de lutte permanente contre l'extrême-droite et ses idées, qui épuise et biaise le regard, à mon sens, tout en impactant négativement, de manière toxique. Mais je ne pouvais pas ne pas réagir aux propos infects de l'actuel et si transitoire premier ministre. Plusieurs personnes que je suis sur le réseau social qui à présent aura ma préférence (voir ici) ont vertement réagi en se scandalisant à juste titre de ses propos extrêmement droitards. Il a en effet donné une longue interview à Darius Rochebin sur LCI, visible ici.
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Ce qui révolte ceux que je suis et dont j'apprécie en général les publications, c'est son discours sur l'immigration, qu'ils traduisent généralement ainsi :
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J'ai voulu me rendre compte par moi-même de la gravité de ces paroles... Ils sont parfaitement audibles sur la vidéo (à partir de 1:05:34).
- Politique nataliste de l'éloge de la fécondité, propre à la droite jusqu'à l'extrême, dont Bayrou lui-même, en bon catholique identitaire, tient absolument à montrer l'exemple... ("6 enfants !")
- soutien affiché aux propos de Retailleau ("l'immigration n'est pas une chance pour la France") en prolongeant la soi-disant réalité de cette assertion par l''exemple - comme si cela en faisait une réalité indiscutable - de la réélection de Trump et de l'épisode colombien, comme si c'était un exemple à suivre... Le rejet massif d' "étrangers", une action enviable vers laquelle il faudrait tendre, vraiment ? C'est pourtant l'avis de Bayrou :
"la question centrale que nous avons devant nous (Cf. " que j'ai posée à Retailleau et Darmanin), c'est est-ce qu'on peut ou pas ramener dans leur pays d'origine les OQTF" (à 1:7:15). "Pour l'instant, on n'y arrive pas " (d'un air catastrophé...).
- Fin du droit du sol à Mayotte et en Guyane... renforçant ainsi une vision colonialiste et xénophobe de la situation.
- adhésion à la théorie (totalement hors réalité) de l' " invasion migratoire", en se basant sur ce qu'il perçoit de la situation à Mayotte ( "entre 20 et 25 % de la population est en situation irrégulière" " C'est une question de proportion". " L'attitude par rapport aux migrants, elle n'est pas la même selon que vous avez 20 % ou 30 % de la population (c'est le cas à Mayotte) ou bien que vous avez une proportion faible". Cette idée est totalement fausse, et relève d'un lieu commun non questionné (donc une croyance, un préjugé). En effet, il est largement démontré par plusieurs études que la corrélation entre vote protestataire, raciste, xénophobe, donc d'extrême-droite, et présence importante d'une population immigrée n'est pas vérifiée, y compris au niveau européen. Les territoires ruraux où il y a en peu sont pourtant ceux qui votent le plus massivement pour l'extrême-droite, par exemple.
- "je ne pense pas que ce soit mieux d'être métissé que de ne pas l'être". je pense que les apports étrangers sont positifs pour un peuple à condition qu'ils ne dépassent pas une proportion". Je pense que la rencontre des cultures est positive mais dès l'instant où vous avez le sentiment d'une submersion, de ne plus reconnaitre votre pays, de ne plus reconnaitre les modes de vie ou la culture, dès cet instant là vous avez rejet. Encore un quantique de l'extrême-droite identitaire et de sa grotesque antienne du "choc des civilisations", dont on connait l'usage politique qui en a été fait pour arriver à une telle omniprésence de l'idéologie et du vocabulaire de l'extrême-droite dans notre pays, que je combattrai jusqu'à mon dernier souffle.
Bref, je pourrais multiplier à l'excès les citations de cette interview où l'on a si exagérément insisté sur le thème de l'immigration au détriment d'autres beaucoup plus présents dans les consciences, comme l'augmentation de la pauvreté et de la précarité, de la difficulté à se loger, de la baisse du pouvoir d'achat, des vagues de licenciement massif. Il est indiscutable à mes yeux comme à mon cerveau, après écoute attentive et analyse, que le discours de ce premier ministre là est excessivement tourné vers la vision identitaire de l'extrême droite. Et de cela, je ne saurais me contenter.
La question est à présent : comment combattre efficacement ce genre d'idées nauséabondes alors que ceux qui luttent contre apparaissent, en tous cas médiatiquement, comme de plus en plus minoritaires et (à mon sens) volontairement minorisés ?
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