je te demande un (petit) effort d'imagination, à toi, électeur/trice du RN #presidentielles2027

 

Il y a vraiment des moments où la politique française dépasse l'imagination des meilleurs scénaristes de comédie... 

Imaginez la scène. Nous sommes en Mars/avril 2027. Des candidats à la présidentielle sont invités à débattre sous contrôle d'un minuteur comme il se doit (le temps de parole étant compté) sur un plateau de télévision française. L'un d'eux va plutôt axer son propos sur la dimension de la  crédibilité économique, l'autre se crispera bec et ongles sur le dossier de la sécurité le sachant porteur de retours sur investissement électoral, un troisième se démarquera en développant ses arguments de nature à percuter les consciences sur l'imminence du péril climatique, fort des canicules à répétition de 2026. Quand soudain une candidate interrompt tout ce beau petit monde, présentateur  vedette inclus, pour demander qu'on arrête tout  en urgence car elle doit recharger son bracelet électronique... On en est donc là, en France. Non, ce n'est pas un sketch des guignols de l'info,  mais la consternante réalité : 

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Que ce scénario digne d'une séquence d'une comédie de boulevard soit envisageable devrait faire réfléchir tous les Français, quelle que soit leur orientation politique. Car enfin, quel message enverrions-nous alors au monde ? Ne vous suffisait-il donc pas du déplorable précédent d'un ancien président sous bracelet électronique, qui nous a déjà tellement sali à travers le monde ? 

La France, soi-disant patrie des droits de l'Homme (mais cette image là est déjà bien écornée), serait donc représentée par une présidente potentiellement soumise à des obligations judiciaires ? Les caricaturistes étrangers n'auraient même plus besoin d'inventer quoi que ce soit. La réalité leur offrirait la meilleure (pour les autres) et la pire (pour nous) séquence de rigolade générale... Mais le plus surprenant n'est pas là.

Depuis des années, le Rassemblement National construit son discours sur une idée simple : la loi doit être la même pour tout le monde. Tolérance zéro. Respect de l'autorité. Exemplaire. "Quand on enfreint les règles, on assume." Ce même parti, sous son appellation précédente, n'avait-il pas pour devise "mains propres, tête haute" ?

Très bien.

Alors pourquoi ce principe ne s'appliquerait-il plus lorsque cela concerne la dirigeante du parti que l'on dit en tête dans les sondages quel qu'en soit son challenger ?

Je conçois que la question soit embarrassante et vous irrite, mais les habituelles pirouettes et détournements accusatoires ne la feront pas disparaître pour autant des consciences de chacun.e, au fond de l'isoloir... Du moins quand l'électeur en question en a une. 

Même pour un électeur de droite, et de son extrême,  généralement attaché à l'ordre, à la justice,  à la responsabilité individuelle,  à la discipline, cela devrait sonner comme une alarme tonitruante. 

Car au fond, il ne s'agit plus d'être de droite, de gauche ou d'ailleurs : il s'agit de cohérence.

Si votre voisin est condamné, il exécute sa peine.

Si un chef d'entreprise est condamné, il en assume les conséquences.

Si un simple salarié est condamné, personne ne suspend les règles en attendant que cela l'arrange.

Pourquoi une candidate à la magistrature suprême bénéficierait-elle d'un traitement moral différent ?

On entend parfois : « C'est le peuple qui décidera. »

Évidemment.

Mais le peuple ne vote pas dans le vide. Il vote aussi pour une fonction.

Être Président de la République, ce n'est pas seulement gagner une élection. C'est aussi je pense (si je me range dans une perception républicaine)  représenter la France, signer les lois, nommer les magistrats, garantir les institutions.

Vous pouvez bien aimer Marine Le Pen si vous voulez. Vous pouvez partager une grande partie de ses idées, puisque visiblement rien ne peut vous en empêcher. Mais pouvez vous sérieusement considérer qu'une personne sous le coup d'une condamnation soit le meilleur symbole de l'autorité de l'État ? Et si on arrêtait là cette course à la mauvaise foi... 

Drôle de stratégie, vraiment. 

Finalement, cette histoire  me rappelle un vieux principe de bon sens : lorsque l'on prétend remettre de l'ordre dans la maison, on commence par ranger sa propre chambre. Et quand on veut accuser les autres, il faut déjà avoir le cul propre. 

La justice a tranché : tel n'est pas le cas. 

Et arrêtez votre argument à deux balles du grand complot des juges rouges. Cela n'existe pas. Quand on connait l'orientation politique dominante des facs de droit, on arrête de propager ce genre d'absurdités qui ne résiste pas une seconde à la critique objective. 

Mais ceci dit, suivez là, vraiment, cela favorise les intérêts politique des adversaire dont je suis résolument. Suivez là, surtout, comme suivent les rats du joueur de flûte. Je regarderai avec délectation où cela vous mènera. Merci beaucoup. Vous nous rendez service. 

 

... et puisqu'il faut vous faire un dessin :



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