Christine Herzog, le symptôme sénatorial d'une droite qui va (très) mal

 Le détournement de fonds publics relève visiblement d'une spécialité de la droite, jusqu'à son extrême. Entendons nous bien, je ne dis pas que la gauche, ou la mouvance réputée telle en est exempte, mais ce phénomène me semble plus minoritaire de ce côté là de l'échiquier politique. 

Serait-ce parce que la gauche est encore frappée d'une tare que la droite et son extrême ne possèdent plus depuis longtemps : l'éthique et la morale ?  Je n'irai pas jusque là, dans la mesure où mon âge avancé ne me laisse plus guère d'illusion, par expérience, sur la probité des uns et des autres, que ce soit en politique comme ailleurs. Seule une infime minorité de personnes peuvent résister tant aux attraits du pouvoir qu'aux avantages qu'il procure. 

 « le pouvoir tend à corrompre, le pouvoir absolu corrompt absolument. »

 « Power tends to corrupt, and absolute power corrupts absolutely » (John Emerich Edward Dalberg-Acton, dit Lord Acton, source)

Nous pouvons en avoir une illustration tout à fait concrète en la personne de cette sénatrice de Moselle, Christine Herzog : 


source

Cette personne est très présente dans de nombreuses réunions publiques, en Moselle Sud. Je doute qu'elle puisse apparaître aussi visiblement, à présent, compte-tenu de la sanction qu'on nous dit rarissime selon les termes des journalistes qui ont relaté l'affaire. Mais quels sont les faits ? 

des faits « susceptibles de constituer » un harcèlement moral à l’encontre d’une collaboratrice parlementaire et l’utilisation présumée de collaborateurs pour effectuer des tâches étrangères à son mandat. Selon le Bureau du Sénat, la collaboratrice à l’origine du signalement aurait subi une dégradation durable de ses conditions de travail, marquée par une surcharge de travail, des missions sans lien avec l’activité parlementaire et l’immixtion régulière du compagnon de la sénatrice.  

Le rapport du Sénat est visible ici. Il précise que les critères du harcèlement moral au sens de l’article L. 1152-1 du code du travail sont réunis et que ces faits constituent donc un manquement d’une particulière gravité au principe déontologique de dignité ; la mobilisation des collaborateurs sur leur temps de travail pour effectuer des tâches dépourvues de tout lien avec le mandat parlementaire au profit du compagnon de la sénatrice constitue un manquement d’une particulière gravité au principe de probité et à l’obligation de faire prévaloir l’intérêt général sur tout intérêt privé.

Selon la décision consultée par l’AFP et paraphée par le président du Sénat Gérard Larcher, l’élue sera interdite d’entrée au Palais du Luxembourg pendant 15 jours de séance publique, et devra s’astreindre à une formation pour « mieux exercer ses fonctions d’employeur ».

Surtout, elle sera privée de l’essentiel de ses indemnités de sénatrice pendant six mois. Soit une perte de salaire totale d’environ 32 000 €, calcule un responsable au Sénat.

[...] 

Ce « compagnon », indique-t-on à la chambre haute, fut un temps le collaborateur parlementaire de la sénatrice et avait déjà fait l’objet, en 2022, de révélations de Marianne.

L’hebdomadaire l’accusait notamment d’avoir usé des ressources du Sénat pour « récolter des parrainages » pour François Asselineau, président de l’Union populaire républicaine (UPR), en vue de la présidentielle.

J'ai retrouvé l'article, ici.  J'y apprends que le  compagnon de la sénatrice se nomme  Norbert Chetail, qu'on se le dise ! Car son pédigrée est édifiant : 

source

 

Il convient de préciser qu'il procédait à cette chasse aux parrainages alors qu'il était alors... collaborateur parlementaire de la même Christine Herzog, après avoir poussé vers la sortie son ancienne collaboratrice. "ôtes toi de là que je m'y mette !".  Très élégant, vraiment.  D'autant plus que cet homme était présenté quelques mois plus tôt comme son conjoint. La pratique n'était-elle pourtant pas interdite depuis l'affaire Fillon et les lois de moralisation de la vie politique, en 2017 ? 

Pour une sénatrice dite "centriste", que l'on pourrait donc penser d'une droite modérée, voilà qui fait tache... Je veux bien qu'une femme ne soit pas responsable de ce que fait son conjoint et vice versa, mais s'accoupler avec un individu qui collabore si activement à l'installation de la pègre fasciste et complotiste dans notre pays...  Mon ADN d'ancien militant antifasciste frémit, j'avoue. Avoir laissé les rênes de l'encadrement de ses collaborateurs/trices à un tel individu, devait arriver ce qui arriva... On ne peut pas dire en effet que le management participatif soit leur mode de fonctionnement habituel.

Toujours est-il que cet individu peu recommandable, qui outrepasse donc régulièrement ses fonctions officielles, ne répugnait pas à écrire un livre d'histoire aux frais du contribuable. Qu'il s'agisse d'un livre à forte connotation identitaire, relevant du roman national, on ne le saura jamais, n'en ayant jamais retrouvé la trace... 

Toujours est-il va falloir apprendre à mieux choisir tant ses collaborateurs que ses compagnons, Madame Herzog. Une peine de 6 mois de rémunération et de quinze jours (seulement ?) d'interdiction d'entrée au Sénat, voilà qui me semble bien clément pour des gens de familles politiques extrêmement plus sévères quand il s'agit de voleurs de pommes en supermarché. 
 

Ps. On notera que la modérée Madame Herzog s'est illustrée également par ses prises de position qui n'illustrent pas une sensibilité particulière pour les droits des femmes. Elle s'est ainsi prononcée contre l'inscription du droit à l'IVG dans la constitution. Sur ce point là, elle est donc sûrement en convergence avec les idées nauséabondes de son compagnon. 

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