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J'aimerais réagir à ce message ci-dessus, vu sur Facebook. Je ne sais trop quoi en penser. Pour une fois, je n'ai pas une opinion tranchée. Je me positionne généralement comme anarchiste. Sauf quand je ne veux pas faire peur à des gens peu ou pas politisés, pour qui ce terme s'applique exclusivement en termes de violence politique, avec à la clé un imaginaire collectif hérité des poseurs de bombes des années 1890, décrits généralement comme une sorte d' "Internationale terroriste". Je me décris alors comme libertaire de gauche. Mais ma réflexion est toujours la même. J'ai trop souvent constaté à quel point le fait de déléguer sa petite parcelle de pouvoir, traductible en termes d'action, à une personnalité politique quelle qu'elle soit s'avère le plus souvent désastreux. Il fait ensuite ce qu'il ou elle veut de notre voix, et le plus souvent le pire. En tous cas, notre intention en votant pour tel ou tel élu est le plus souvent dénaturée, d'autant plus que le temps passe. Bien peu sont fidèles à leurs promesses. Beaucoup défendent surtout leurs intérêts personnels, ceux de leur parti ou de leur classe sociale, quand ce n'est pas un peu de tout cela en même temps. L'exemple classique est celui de Mitterrand qui a tenu quelques promesses de campagnes symboliques la première année de son mandat, quand les communistes étaient encore au gouvernement, pour ensuite opérer l'une des plus graves trahisons de la gauche dans l'histoire contemporaine. C'est de notoriété publique à présent, les socialistes finissent toujours par trahir, c'est juste une question de temps. Et puis, depuis, il y a eu Maastricht, ce scrutin européen sur lequel on s'est assis sur le résultat des urnes, et plus récemment, les dernières élections législatives qui ont vu arriver le Nouveau Front Poulaire en tête, pour un résultat nul puisque Macron s'en est totalement moqué, en nommant un gouvernement de droite, fidèle à ses propres idées. Encore un holdup antidémocratique. Ceux qui détiennent le pouvoir ne sont pas prêts à le lâcher, et il y faut des révolutions pour cela, qui elles mêmes apportent leur lot de despotes comme l'histoire nous l'a tristement enseigné.
Les anarchistes dont je suis sont opposés au pouvoir détenu par un seul individu, quel qu'en soit le genre. Ils partent du principe que pour qu'une société soit juste et réellement démocratique, elle doit être administrée par tous, chacun selon son niveau et ses compétences. De plus, ils refusent de déléguer leur force d'action à un autre, d'où le refus en général de participer à la grande mascarade électoraliste.
Toutefois, les anarchistes sont sensibles bien sûr aux phénomènes sociaux, et à la construction de la société tout comme aux mouvements d'acteurs de manière générale, qu'ils ne cessent d'appréhender et de passer à la moulinette de leurs sens critique pour en dénoncer tous les asservissements potentiels. J'en suis.
Cependant, il y a également eu des moments dans l'histoire où ils se sont mobilisés massivement pour contrer des forces réactionnaires qui risquaient de les asservir davantage que d'autres... Voter pour un moindre mal, voilà qui risque fort de m'arriver dans un peu moins d'un an. Bien que sans guère de conviction, même si je ne sais pas encore pour qui, je voterai dans l'espoir de faire mentir les médias dominants, et de faire reculer ce qui nous est présenté comme l'inéluctable.
Et j'invite tous mes camarades anarchistes à faire de même, en mettant de côté leur égo, et leur mépris, pour une cause plus grande. Car ceux qui souffriront le plus en cas de victoire de l'extrême-droite, eux, ont besoin de notre vote.
Et après, ce spectre éloigné, on pourra toujours reprendre notre combat, et notre noble idéal, à la pointe de tous les combats militants progressistes sociaux.
Au boulot ! On nous attend... Maintenant. J'ai dit. Et écrit.

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