Vincent doit avoir l'oreille cassée : il n'entend rien à notre commun humanisme #Bolloré #Grasset

 Vincent Bolloré s'exprime. Dans le JDD. Autant dire qu'il avance en terrain conquis, et qu'on ne risque pas de contrarier sa parole, d'en caviarder des passages, et encore moins de censurer ce témoignage forcément captivant pour les pseudo-journalistes complaisants et soumis qui restent encore dans ce marigot malodorant. 


 Pourtant, ce papier indigent porte la mention "Enquête". Comme tient à le préciser le discret Guy Birenbaum sur Bluesky,   " Quand le point de vue de l’actionnaire du journal et du groupe devient une enquête, les journalistes peuvent se faire du mourron". En effet, je confirme si besoin en était, plus aucun journalisme là-dedans, juste un exercice de flagornerie auquel se prête tout un journal, comme tous les autres qu'il détient, qui évitent soigneusement de le contredire,  d'aucune manière.

Puis vient le contenu. Je répète, indigent. On s'attend à ce que quelqu’un de cette stature ne s'abaisse pas à de la pensée de caniveau, mais non, il s'y vautre. Pire, il se ridiculise, prétendant à une posture faite de hauteur, surplombant avec un orgueil démesuré ces manants d'auteurs qui osent le braver, et raillant un esprit de caste alors qu'il est lui-même ce me semble d'une caste de milliardaires intouchables qui est bien loin de connaître les difficultés du quotidien du commun des mortels. 

Monsieur Bolloré est dans le déni, dans cette affaire là comme dans d'autres. Je me souviens de son audition par l'Assemblée Nationale, à propos de l'audiovisuel public. Il nous a produit le même spectacle monotone et sans saveur de l'être innocent, coupable de rien, presque prêt à nous dire humblement qu'il n'avait pas la puissance et l'influence qu'on lui prête, que toute cela n'était que médisance de gauchiste. Et pourtant.  

Peut-on me dire pourquoi et par qui les idées conservatrices se sont-elles immiscées et ont-elles à présent,  à mon grand désespoir, autant pignon sur rue dans le paysage médiatique hexagonal ?  

Par l'argent de qui les discours de haine nous parviennent-ils si facilement, et sans efforts ?  Qu'est-il précisément arrivé, en termes de changement de ligne éditoriale, dans les médias contrôlés par ce monsieur qui ne mérite guère un m majuscule ? 

A traiter la terre entière par le mépris, on en devient soi-même un homme méprisable, Vincent. Et le déni n'est qu'une posture d'avocat dont vous êtes bien mal le vôtre.  

Je n'ai pourtant pas d'estime particulière pour un grand nombre de celles et ceux qui ont quitté la maison Grasset avec tant de fracas, qui malgré tout sert notre cause. Mais à leur dénier toute conviction, au point de risquer leur train de vie, leurs conditions matérielles d'existence, pour beaucoup,  c'est vous qui êtes dans l'esprit de caste que vous prétendez pourfendre comme si vous étiez vous-même un représentant de la cause du peuple, ce qui ce saurait si c'était vraiment le cas. 

Vous prétendez en totale toute puissance et arrogance que l'aventure Grasset continuera sans eux. La suite le dira. Mais je crains que ceux qui vous rejoindront, et vous le savez, ne seront pas précisément les mêmes, et qu'ils auront quant à eux beaucoup moins de répugnance à se salir les mains comme l'esprit avec ces idées nauséabondes dont vous servez si volontairement les intérêts, tout en vous dissimulant derrière de soi-disant intérêts financiers. Ne prenez pas cette peine. On ne sait que trop bien, nous autres gens du petit peuple, à quel point les gens comme vous ont toujours eu besoin de danseuses. Et cela aussi, c'est une tradition, parmi les gens de votre caste. 

Daignez que nous nous écartions et que nous vilipendions cet usage abject et avilissant. 

L'argent n'achète pas tout. Vous en ferez vite l'expérience. Et si ce fut déja le cas, il est visible que ce même argent en a vite éteint le souvenir. 

Mais comme le disait Cioran,  "au jour du jugement dernier, on ne pèsera que les larmes".  

 

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