Les policiers ne sont pas racistes mais #acab encore.Et encore. Et encore...

 Des histoires comme celles là, j'en ai déjà entendues, archivées, commentées, analysées et publiées des dizaines et des dizaines. Il suffit de taper Acab, ou racisme dans la police, ou violences policières dans la fenêtre de recherche de mon ancien blog pour (re)découvrir des faits divers tous plus dégueulasses les uns que les autres dans lesquels des policiers sans éthique ni morale sont impliqués.  Seul les noms et les lieux changent, mais les ressorts de l'histoire sont toujours les mêmes : racisme, préjugés, abus de pouvoir, violence gratuite, faux témoignages et procès verbaux truqués. Des policiers vont jusqu'à porter plainte pour rébellion et voies de fait, et se paient sur la bête. Le prix de leurs mensonges est souvent rémunérateur, c'est un moyen facile d'arrondir leurs fins de mois. Le scénario est bien huilé, connu, et renseigné. IL suffit de creuser un peu pour seul exemple le juteux business de l'outrage à agent. 

source

Cette fois-ci, nous allons visionner ensemble si vous le voulez bien la série "les policiers ne sont pas racistes mais". Et dans cette famille  à la progéniture aussi purulente qu'exécrable, je demande Manuel. 

 

source

Voici son histoire, du point de vue judiciaire cette fois : 

Manuel s’avance à la barre, un immense gaillard, la trentaine, doux, poli, posé dans ses premières paroles. Manuel est policier. La présidente explique. L’an dernier, Manuel a interpellé Ousmane, puis le policier a porté plainte contre l’adolescent pour violences et rébellion sur personne dépositaire de l’autorité publique. Dans son procès-verbal, Manuel indique qu’Ousmane, 17 ans, a tenté de s’enfuir à deux reprises, que le jeune homme l’a violemment repoussé et qu’une fois maîtrisé, il a résisté à son menottage. Ousmane a donc bien failli finir au tribunal. Seulement voilà, la vidéo de son interpellation va révéler une toute autre histoire. Grâce à la caméra-piéton du policier, qui s’est visiblement déclenchée sans qu’il s’en aperçoive. 

Sur les écrans de la salle d’audience, on découvre soudain un Manuel qui n’a plus rien à voir avec le prévenu doux, poli et posé à la barre. On voit, et on entend surtout, un policier en train de courir vers un jeune tranquillement assis sur une marche au pied d’un immeuble. Le policier crie dans sa direction.

- "Eh babouin ! Eh macaque !"

Manuel se rapproche d’Ousmane.

- "Tu pètes tes couilles, hein ?"

Ousmane ne répond pas. Manuel l’empoigne.

- "T’as baisé toi ? T’as baisé ?"

Ousmane garde toujours le silence. Manuel le plaque au sol. Et lui décoche deux coups de poing en pleine figure. Un collègue de Manuel lui fait remarquer que sa caméra enregistre.

- "Pourquoi tu cherches à t’enfuir ?", questionne alors Manuel, tandis qu’à l’image, on voit bien qu’Ousmane ne cherche pas à s’enfuir."

Et ça continue comme ça. Une pluie d’injures et d’insultes. 16 minutes d’enregistrement sidérantes.

(source

Mais ce qui est nouveau dans cette situation particulière, c'est que le policier prévenu s'excuse. Il faut avouer qu'il n'a pas vraiment le choix, tant la vidéo est édifiante à bien des égards, comme vous avez pu le constater par vous même en en lisant le verbatim, ci-dessus. Ce qui est nouveau également, c'est que le système judiciaire semble prendre conscience de la gravité des faits : 

 Dans son jugement, le tribunal indique que ces faits graves portent atteinte à la police nationale et à l’Etat [...]

Sauf que.  J'ai écris volontairement "semble prendre conscience". Ce n'est qu'une prise de conscience de façade.  Elle n'est pas suivie d'effet palpable, mesurable, crédible. Aussitôt après, on revient de nouveau dans la continuité regrettable socialement parlant du scénario bien huilé indiqué plus haut : la sanction est fort peu dissuasive, puisqu'il s'agit de nouveau d'une peine avec sursis.  Comme à chaque fois, qu'elle que soit la gravité du délit commis par un membre des forces de l'ordre. Dans 99,9 % des cas, il n'y a jamais de peine ferme. Le lien de confiance fondateur de cet usage de la force publique délégué par l'Etat français à un individu, surtout assermenté, est pourtant indiscutablement rompu. Ce policier a menti à dessin. Il a falsifié un procès verbal. Pire, il a agressé violemment une personne en raison de son origine, de son apparence. Alors oui, c'est très grave. Mais comment arrêter ledit scénario détestable et insupportable s'il n'y a jamais, jamais, jamais de sanction dissuasive pour que tout individu, fusse-t-il policier, sache que c'est formellement interdit ? 

Aussi, nous sommes nombreux à nous interroger sur cette forme d'impunité, qui renforce le sentiment de toute puissance d'agents troubles qui se savent autorisés à tout et n'importe quoi, sans guère de conséquences trop néfastes pour leur carrière. Certains ont même été promus aussitôt après leurs exactions, fussent-elles effroyables, comme j'en ai connues et consignées dans mon blog précédent lorsque j'étais encore antifasciste actif. 

Je ne le suis plus. C'est un fait. Simple constatation. Mais mon indignation et mon refus de l'inacceptable sont toujours bien présents. Et à mon sens, le seront jusqu'à mon dernier souffle. 

ET je continuerai à clamer haut et fort Acab et tous pourris tant que la profession protègera ses brebis galeuses, qui à force d'exceptions qui s'accumulent, finissent fort par ressembler à une règle intangible. 

Aussi, mieux vaut s'en méfier. On ne sait pas de quoi un homme ou une femme poli(e) ou souriant(e)  sont capables. 

 Et comme Ousmane, mon frère en humanité, je tiens à ma peau. Et encore, lui a pu faire valoir et reconnaitre ses droits, y compris devant la justice. 

Mais pour combien d'autres qui sont victimes de ces mêmes agissements, et qui parce qu'ils n'ont pas été filmés, se retourneront non pas contre les auteurs, comme ce devrait être la règle, mais contre les victimes ? 

C'est donc à elles que je pense ici. Et pour elles que j'écris, au risque de peiner mes proches qui ne seront probablement jamais concernés par ce genre d'agissement, parce qu'ils ne sont pas d'une origine "suspectable", de l'aveu même d'un état qui continue à pratiquer un racisme d'état en maintenant contre vents et marrées les contrôles au faciès, au mépris de la loi, et de ses propres condamnations.  

Commentaires