Si l'on accepte l'idée que nous sommes dans une ère pré-fasciste, il y a des signaux qui ne sont pas très rassurants, et vont dans le sens de la thèse défendue par Ugo Palheta. Il ne s'agit pas d’additionner en les grossissant arbitrairement des signes qui n'ont rien à voir avec les autres, comme le font si grossièrement des complotistes sûrs de leur fait, mais de constater objectivement qu'il y a de plus en plus de sujets dans notre actualité qui vont dans le sens d'une restriction des libertés. Les droits syndicaux sont régulièrement bafoués. Les conditions de travail sont de plus en plus dégradées sans que les salariés ne puissent se défendre réellement, et en soient réduits à quitter leur emploi pour sauver leur peau, tant leur représentation syndicale est affaiblie dans des entités professionnelles de plus en plus parcellaires et éclatées. Les droits humains sont ridiculisés par une propagande droitière qui va jusqu'à nier la possibilité de se battre contre les discriminations, en se livrant à une bataille culturelle contre un prétendu wokisme, qui m'apparait de plus en plus frontale et immonde, encouragée en cela par des chaînes qui ne sont plus d'information et combattent toute possibilité d'humanisme, en toute impunité, crachant leur venin pestilentielle à l'oreille de masses plus ou moins laborieuses qui n'ont plus guère de repères idéologiques et se livrent aux mains de l'ogre fasciste. Des pans entiers de notre système d'information hexagonal sont à présents détenus par
des milliardaires acquis aux thèses identitaires, et l'information n'est plus libre, et de plus en plus faussée. Les manifestations sont devenues tellement problématiques, quand bien même leur origine soit louable, que les gens n'osent plus manifester leur mécontentement. Et quand ils l'ont fait, il n'en a pas été tenu compte, comme ce fut le cas des gilets jaunes qui protestaient contre un prix du litre de carburant à 1,50 quand il est aujourd'hui à plus de 2 euros et que plus personne n'ose montrer publiquement son ras le bol. Pourtant, plus aucun parti ni mouvement ne peut se vanter de représenter aujourd’hui une majorité de nos concitoyens, ce qui laisse la porte ouverte au pire. Complétons le tableau par une avalanche de technologie et de possibilités de fichages plus ou moins légaux, de recours à des outils liberticides comme la reconnaissance faciale, la surveillance des réseaux sociaux, et le recours totalement débridé et sans contrôle de l'IA, et nous arrivons à ce tableau si ostensiblement hostile à nos libertés individuelles que même un dictateur ou un auteur de science fiction n'aurait pu l'imaginer. Tout est prêt pour le pire.
Et je rajoute un signe aux autres signaux qui s'accumulent si dangereusement pour nos libertés fondamentales : le fait que nous puissions assister de plus en plus régulièrement à des déprogrammations d'événements culturels ou de concerts. Quand cela provient des villes détenues par l'extrême-droite, à présent si nombreuses qu'on ne parvient même plus à circonscrire l'incendie, nous ne sommes pas très étonnés : c'est dans leur ADN. Ils ne supportent pas la contrariété et tout ce qui vient infirmer leurs thèses nauséabondes et xénophobes. Mais quand cela provient d'une commune gérée par LFI, sensée se montrer plus progressiste, voilà qui devient plus problématique, et ajoute au paysage pré-fasciste dont je viens de donner quelques éléments rapidement ici. On me répondra par des éléments contextuels - le fameux contexte - mais cela ne changera rien : l'impression donnée devient de plus en plus désastreuse, au point que tout un chacun soit à présent en train de s'habituer au pire, comme la grenouille de l'histoire que l'on plongeait dans de l'eau tiède pour chauffer progressivement la marmite, et qui se disait en son fors intérieur : "jusqu'ici, tout va bien". Et bien non, notre époque ne va pas bien, et chacun peut percevoir à son niveau selon ses centres d'intérêts à quel point nous glissons vers un monde qui n'est pas ce meilleur qu'on nous avait promis en naissant...
Et de cela, il convient de s'émouvoir, envers et contre tout. Et après l'émotion, doit venir l'action. J'en serai, c'est certain.
Commentaires
Enregistrer un commentaire