Il y a une forme d'indécence à étaler le néant de sa privée que seuls les biens nés ne peuvent pas détecter en eux-mêmes. Lancer un livre dans le seul but de faire son autopromotion sur le mode pleurnichard fait partie de cet écart de conduite là, qui plonge son potentiel lecteur dans un certain sentiment de malaise quant il a lui même un vécu quelque peu plus chargé. Celui de Gabriel Attal est de ce genre là, dont le contenu est malaisant. Loin des critiques de gauchistes atrabilaires, sa "propre" famille politique n'y va pas avec des gants :
Cette pré-campagne est parfois moquée dans son propre camp, y compris par les amis du président. L'un d'entre eux souffle : "Les gens souffrent et regardent quelqu'un qui se plaint alors qu'il était Premier ministre à 34 ans, gênant." (source)
Voilà donc un jeune homme issu d'une famille plutôt aisée , qui n'a jamais connu le tripalium, puisqu'à peine sorti d'une école réputée pour former une élite clanique déconnectée des réalités quotidiennes, l'Ecole Alsacienne, il s'est engouffré dans une carrière politique aussitôt après avoir été militant du parti dit "socialiste". Du socialisme originel, il n'en reste d'ailleurs visiblement plus grand chose. Ses hauts faits d'arme consistent en effet à s'en être pris aux grévistes (alors qu'il était jeune député du parti macroniste, à sa création), à se vanter de sa carrière de premier ministre qui a duré en tout et pour tout 9 mois, et à promulguer des mesures islamophobes pour le seul plaisir de se faire mousser médiatiquement, une spécialité chez lui.
Alors, comme sa voix politique est totalement inexistante, tant il est insignifiant malgré son passage à l’Élysée, il tente de faire encore parler de lui au travers de son livre sans consistance qui finira, comme beaucoup de livres politiques de ce genre, dans les oubliettes de l'histoire.
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C'est un symbole qui me semble assez catastrophique pour quelqu’un qui a osé un jour se prétendre socialiste : il a tenu à commencer sa campagne de dédicaces de son autobiographie (à 37 ans, déjà... vraiment ? ) dans une librairie du... 16ème arrondissement de Paris. Pour commencer une aventure politique, on pouvait peut être prendre davantage de risques que de se réfugier pour un lancement de campagne dans son milieu atavique, mais bon, passons.
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Ce qui est encore plus problématique, c'est le (non) contenu de ce livre indigent.
" l'ancien Premier ministre raconte ses années au pouvoir, ses doutes, ses blessures, l'addiction de son père au jeu, son homosexualité, le harcèlement qu'il a subi à l'école."(source)
Pauvre petit gosse de riche... Je compatis. Mais je ne tolérerai pas davantage l'imposture, ni l'hypocrisie qui est la sienne, qu'il convient de démasquer s'il est encore nécessaire, pour édifier les masses laborieuses qui pourraient être tentées (vraiment, avec pareil charisme d'huitre ?) de voter pour pareil gamin si peu providentiel. Car les militants de la cause LGBT le savent bien : Attal ne s'est pas vraiment pressé de se faire chantre de la défense des droits des homos, quand bien même fut-il en position dominante, et de hâter l'action gouvernementale pour plus de fermeté envers les agresseurs qui se lâchent totalement ces dernières années, en roue libre, les agressions se multipliant. La critique est là, comme en témoigne cet article de 2024 :
Après la publication d’un rapport des Républicains proposant l’interdiction de la transition médicale pour les mineurs, et la sortie du livre ostensiblement transphobe, de Dora Moutot et Marguerite Stern, une multitude de propos haineux ont inondé les réseaux sociaux. L’Inter-LGBT a alors mobilisé plusieurs associations, personnalités et élus, pour interpeller par une lettre le gouvernement sur la « constante augmentation » des attaques contre les droits déjà faibles des personnes de la communauté LGBTQIA (source)
Nous ne l'avons toujours pas entendu dernièrement sur le sujet, ni vu se joindre aux manifestations de lutte contre l'homophobie. Il aurait donc fallu pour que nous éprouvions un tantinet de compassion envers sa pauvre condition d'homosexuel en proie au harcèlement de son école de riche qu'il témoigne lui-même d'un minimum de solidarité envers d'autres qui quant à eux, plus précaires, n'avaient pas la même chance insolente que la sienne, ni les mêmes appuis. Mais passons encore.
Pour ma part, ce qui me navre surtout, c'est qu'on puisse se targuer d'une trajectoire politique aussi insignifiante, et d'une vie si peu mouvementée, tant elle fut à l'abri du besoin et qui plus est, encore si jeune, pour tenter de faire pleurer dans les chaumières. C'est indécent. D'autres auraient bien plus de légitimité à le faire, et ce n'est d'ailleurs pas ce que l'on attend d'un éventuel futur homme d'Etat, mais bien davantage un programme, du fond, du consistant, de la matière, des idées, dont ce livre est totalement dépourvu.
Dans ce genre là, on a connu mieux pour nous tirer des larmes, et certainement pas dans une librairie du 16 ème.
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