Quand je suis tombé sur cet article de Courrier International, je me suis dit "tiens, pourquoi pas ?". J'ai en effet des choses à dire, et à écrire.
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Il s'agit de s'intéresser à la " tendance, y compris parmi les plus jeunes, à rompre avec le tutoiement généralisé. Cette dernière serait motivée par un “désir de respect”, mais aussi la volonté de mieux séparer les sphères professionnelle et privée."
Je connais bien ce thème, pour l'avoir régulièrement fréquenté à titre professionnel. Dans ma sphère, le travail social, il est en effet d'usage de prétendre qu'il convient de vouvoyer pour marquer une certaine distance de bon aloi, marquant qui plus est une forme de respect envers son interlocuteur. Le rapprochement soi-disant induit par le tutoiement ne serait pas favorable, nous disent les théoriciens formateurs éducateurs et professeurs de civilités, au démarquage des territoires des uns et des autres. Il convient en effet de marquer haut et fort, y compris par cet artifice, qui est le patron. "Je ne suis pas ton pote" serait le leitmotiv du travailleur social confirmé, qui ne s'abaisse donc pas à tutoyer. Par ailleurs, le tutoiement pourrait-être perçu comme un manque de respect. je trouve cela grotesque. S'il suffisait de vouvoyer pour respecter, cela se saurait...
J'ai toujours récusé cet usage, que je trouve à la fois rétrograde et hypocrite. Pour ma part, je n'ai jamais eu besoin d'utiliser le vouvoiement pour marquer ma distance avec qui je veux, si tant est que je veuille le faire. Mon message, comme mon positionnement, sont toujours clairs et sans ambiguïté d'aucune sorte. Je sais qui je suis, ce que je veux ou non, et je suis perçu comme quelqu’un de plutôt droit, carré, et attentif à l'autre.
Le vouvoiement me vient parfois naturellement, mais lorsque je m'adresse à une personne plus âgée, ou alors parce que la fonction m'y oblige. Je me vois mal tutoyer d'emblée un ou une maire, député.e, Sénateur/trice, ou directeur/trice de structure. Mais avec le temps, peut-être, pourquoi pas.
J'ai du mal en général avec le vouvoiement adressé à des semblables car il me semble de nature potentiellement hautaine, ce que je ne souhaite pas donner comme impression à mes relations. Je ne suis pas de ceux là, juste un homme du peuple comme un autre.
Mais un article du der Spiegel nous dit " dans un contexte professionnel, le tutoiement peut être plus oppressant que libérateur, surtout s’il est imposé par la hiérarchie.
Oppressif, alors, mon tutoiement assez généralisé ? Je vais y réfléchir... Je poserai la question à des collègues la semaine prochaine, promis.
Et vous, qu'en pensez vous ? ;)

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