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C'est donc confirmé scientifiquement : l'absence d'espaces de débat quotidien, en "présentiel", nuit gravement à la démocratie. Et il n'y a pas que les terroristes islamistes radicaux qui se radicalisent sur les internets. J'en veux pour preuve cette étude qui démontre factuellement que la disparition des cafés, troquets et bars-PMU entre en étroite corrélation statistique avec l'évolution du vote d'extrême-droite :
le chercheur en science politique à l’université de Zurich (Suisse) Hugo Subtil révèle que “la fermeture des bars-tabacs contribue à la progression du vote d’extrême droite, dans un contexte de transformations plus larges des conditions d’existence locales — indépendamment de l’immigration, du chômage ou d’autres indicateurs économiques”.
Le chercheur affirme que la disparition de ces établissements “ne marque pas seulement la fermeture d’un commerce, mais la recomposition silencieuse de l’infrastructure sociale des territoires et l’érosion d’un mode de vie populaire tout entier”. Les idées d’extrême droite y trouveraient un terrain favorable, car “lorsque les lieux de sociabilité disparaissent, la politique devient un face-à-face entre individus atomisés et récits médiatiques nationaux. Les discours offrant des réponses simples et une interprétation symbolique cohérente des transformations locales disposent alors d’un avantage structurel”. Les effets sont très faibles à court terme, pointe le chercheur, mais augmentent fortement dans le temps. (source)
Pour parvenir à ce constat, le chercheur Hugo Subtil a mis en lien la fermeture de 18 000 bars-tabacs entre 2002 et 2022 et les résultats des élections législatives et présidentielles sur vingt-cinq ans. « Ces fermetures sont peu médiatisées, mais on s’est aperçu que ce trou d’air dans la sociabilité des personnes localement a une incidence, à long terme, sur les résultats du Rassemblement national ». (source)
Cette mécanique sociologique funeste, bien entendu plus notoirement observable en milieu rural, n'est pas inéluctable puisque l'inverse est également vrai :
l’étude indique que l’ouverture de bars-tabacs est associée à une baisse du vote d’extrême droite, suggérant que ces dynamiques ne sont pas irréversibles. L’extrême droite n’est donc pas une fatalité et les élus municipaux ont un rôle à jouer dans leur neutralisation en accompagnant des initiatives tendant à rouvrir des locaux ouverts au public.
A l'approche des municipales, vous savez ce qu'il vous reste à faire : exigez de vos élus qu'ils contribuent activement à l'ouverture d'espaces de débats accessibles, de lieux de convivialité, de cafés et autres troquets dans lesquels les tenants habituels de certitudes rouillées trouveront des contradicteurs plus convaincants que les discours pré-mâchés trouvés sur les réseaux (a)sociaux. Nous savons tous en effet que face aux machines à façonner des univers mentaux si ostensiblement favorables à l'extrême-droite que sont les médias Bolloré (CNews, Europe 1, et tutti quanti) et autres réseaux Trumpistes comme X, les beaux discours ne suffisent pas. Il faudra en effet passer rapidement à l'acte.
Dans la même logique, je suis tombé par hasard sur cet atelier antifasciste destiné aux aînés. Voilà qui bouscule les préjugés, et nous démontre que non, tous les vieux ne sont pas bouchés à l'émeri et acquis aux thèses que nous combattons ici. D'ailleurs, le vote RN est un vote beaucoup plus jeune et plus contradictoire que vous ne le pensez...
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