Le MEDEF invente le contrat anti-jeunes.

 Vieux routier de l'insertion professionnelle, je connais bien les différents dispositifs, mesures, allègements de charges et contrats à durée plus ou moins déterminée mais toujours précaires comportant des allègements de cotisations patronales sensés faciliter l'embauche. La plupart de ces contrats d'insertion ont disparu, n'ayant pas fait leur preuve selon le gouvernement et les différents ministres du travail et de l'emploi. 

Pourtant, le Medef s'évertue à tenter de trouver toujours et encore des moyens d'enrichir davantage les chef.f.e.s d'entreprise, dont les plus grandes captent la valeur ajoutée à leur seul profit de plus en plus scandaleux à caractère confiscatoire. Ce syndicat de patrons favorisés (d'autres le sont moins, et ne cotisent donc pas au Medef...) cherche par tous les moyens à payer encore moins cher des salariés de plus en plus précarisés avec de moins en moins de droits fondamentaux. 

Leurs droits à la formation via le fameux CPF sont davantage rognés d'année en année, leur droit d'expression, de représentation et de syndicalisation de plus en plus contraints en raison de collectifs de travail de plus en plus atomisés,  mais aussi d'entreprises étrangères, notamment américaines, qui tentent d'importer leur absence de droit du travail sur notre sol, et qui font la chasse aux syndicalistes. je n'invente rien, ce n'est pas un ressenti, mais de notoriété publique, confirmé par plusieurs études. Celle évoquée dans cet article, réalisée par la très officielle DARES, en trace les contours. 

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Face à ce constat, la démocratie dans les entreprises est en train de prendre des sacrés coups dans les dents, et cela ne date pas d'hier, ni de Macron. Hollande et ses ministres antisociaux lui avaient déjà mâché le travail, notamment avec la fameuse Loi Travail, sa criminalisation de l'action syndicale, et ses manifestations réprimées à coups de LBD, pendant lesquelles la technique des nasses  a fait tant de victimes. Avec la bénédiction d'une presse orientée. Ce beau travail là du PS au pouvoir a ainsi particulièrement contribué à sa particulière détestation dans le camp des travailleurs/ses. 

Malgré tous ces repères historiques et ces combats,  cette fabrication du désordre social, par des élites qui ne supportent plus la moindre contradiction (Trump n'est pas loin), le MEDEF voudrait donc, encore et encore,  nous présenter l'antépénultième emploi jeune comme une avancée favorable ? De qui se moque-t-on ? 

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Jugez vous mêmes de l'intérêt flagrant pour les jeunes salarié.e.s de cette mesure : 

Le Medef a proposé la création d'un CDI "pouvant être rompu sans motif pendant les premières années" pour lutter contre le chômage des jeunes.

"Rompu sans motifs". 

Continuons à entretenir l'anxiété issue de cette insupportable précarité du travail qui ne profite qu'aux riches et aux patrons dominateurs dans la joie et l'allégresse sans soucis du lendemain. Beau progrès que voilà. A gerber. 

L'histoire du CIP, sous Balladur,  ou du CPE, sous Villepin,  ne lui a pas servi de leçon, au patron du Medef... Croit-il donc que nous serions frappés d'amnésie ?  

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S'il veut recommencer, nous sommes prêts, aux côtés des jeunes, pour défendre leurs droits qui ne sont pas à brader sur l'autel du grand profit souverain. ça suffit. 

Et je milite personnellement pour un droit du travail indifférencié, et même plus dur en fonction du degré de vulnérabilité de chacun. Notre code du travail a déjà  été suffisamment détricoté comme cela par les gouvernements successifs de Hollande et de Macron, qui ont personnellement participé à une insupportable précarisation du travail de tous, à laquelle aucun salarié n'a à gagner quoi que ce soit.  Cet élan anti-progessiste doit être impérativement stoppé, si l'on ne veut pas revenir à l'époque de Zola. ET aux mêmes causes, les mêmes effets.... 

 

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