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Voici donc l'objet du "délit"... (si tant est qu'il puisse y en avoir un... Je veux dire ailleurs que dans la tête de ces parfaits illuminés, comme la suite de l'histoire le révélera).
Ce qui me fait bouger mes gros doigts sur le clavier aujourd'hui est un événement culturel assez exceptionnel. Il s'agit du deuxième volet d'un spectacle déjà organisé en 2018 à Toulouse par une compagnie nommée sobrement "La Machine" (une compagnie de théâtre de rue fondée en 1999 et dirigée par François Delaroziere), qui avait réuni plus de 900 000 spectateurs...
Cet opus Numéro 2, qui doit s'offrir aux yeux des passants au centre de cette ville du 25 au 27 octobre 2024 se nomme "La porte des ténèbres". En voici le scénario, moins binaire que ce que veulent en faire croire les bas du front qui tentent d'imposer leurs thèses imaginaires au grand public, souvent friand de ce type d'animations extraordinaires, qui valent le déplacement :
Je suis vraiment très envieux des spectateurs qui pourront admirer ces créations spectaculaires, qui savent exhaler une atmosphère féérique, redonner le sens du merveilleux dans la grisaille du quotidien automnal... En effet, le talent de cette compagnie consiste à animer les rues de la ville avec des personnages/machines monumentaux, très spectaculaires, qui se meuvent en fonction d'un scénario préétabli.
Les personnes interviewées sur leurs souvenirs de ce spectacle ne tarissent pourtant pas d'éloges :
"Nous avons été agréablement surpris car c'était quelque chose qui n'est pas commun, et puis je trouve que c'est des bons moments de partager ensemble "
" c'est vraiment un très beau spectacle".
"c'était assez impressionnant de se souvenir... Il y avait l'araignée... Le minotaure... "
"j'ai vu ça, le dernier jour, et c'était juste extraordinaire en fait".
(source : voir cette vidéo YouTube ici).
Mais il y a de ces gens qui, envahis par leurs propres démons intérieurs, ne peuvent s'empêcher de voir le mal partout, comme savent si bien le faire les religions. Des croyances qui entraînent leurs zélotes dans leurs obsessions personnelles, utilisant les symboles comme des vecteurs de leur imaginaire, sans rapport avec la réalité. Ils les portent comme des thèmes spécifiques de châtiment suprême, menant parfois jusqu'au terrorisme, comme toutes les religions sans exception l'ont déjà amplement démontré dans l'histoire.
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sic. On ne rit pas. "Le rire déforme les linéaments du visage... C'est l'instrument du Démon"... (ATTENTION : référence culturelle, voir note 2). Bref.
L'abbé Simon d'Artigue, curé à la cathédrale de Saint-Étienne de Toulouse, a surenchéri sur les propos de son supérieur ecclésiastique :
"On ne veut pas ouvrir la porte des ténèbres. Notre monde est assez ténébreux" (source) « Les cartes de tarots, la bête avec ses cornes, plusieurs éléments reprennent l’imaginaire satanique et cela me dérange en tant prête catholique, il ne faut pas trop jouer avec ces symboles-là », explique l’Abbé Simon d’Artigue. [....] « Cette banalisation de l’icône du mal m’étonne ». Et les églises en feu, en arrière-plan, ne passent pas inaperçues à ses yeux : « La période politique demande de l’apaisement et de la paix, je ne comprends pas comment l’embrasement d’une ville peut être festif et rassembleur. C’est le seul ajout pictural de Toulouse et il est en flammes ».
"Il y voit comme une interprétation d’un « combat contre l’Eglise ». « Alors que c’est un événement festif qui rassemble. Je pense que certains Toulousains vont se sentir exclus et agressés. Cela ne rend pas le spectacle grand public ». (source).
Pourtant, même les croyants se désolidarisent de cette polémique montée de toutes pièces par de vulgaires obscurantistes qui répugnent moins à dénoncer leurs prêtres pédophiles... (voir ci-dessous, note 2).
. "Ça me surprend énormément", confie une femme rencontrée à la sortie d'une église toulousaine. "C'est absurde", juge une autre, à la sortie de la messe, à Toulouse.
Mais c'était sans compter sur l'habituelle propagande catholique intégriste de Civitas, mouvement pourtant dissous par Darmanin en Aout 2023... et pour cause. Très investi y compris par la force dans le combat contre les droits des LGBT, et frontalement antisémite.
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L'influence malfaisante de Civitas peut cependant compter sur l'ignoble Alain Escula, depuis la Belgique, pour être propagée en toute impunité. Ce sale type a encore suffisamment de pouvoir, lui et ses hommes de main, pour souffler sur les braises de l'incendie déjà allumé par le Diocèse de Toulouse.
La création artistique qui provoque la colère de ces intégristes, « La gardienne des Ténèbres », est également prévue, après Toulouse, à demeure sur le site du Hellfest en 2025. Cette installation vaut à Xavier Bonne, le maire de Clisson, sur lequel se déroule le HellFest, d'être voué au bûcher par une certaine pègre traditionaliste d'extrême-droite qui ne répugne guère aux flammes de l'Inquisition.
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laGardienne des Ténèbresest décrite et qualifiée deplus grande effigie satanique de toute l’Europe […] Votre ville va devenir la capitale du satanisme toute l’année et aux yeux de tous. Les auteurs de la pétition expliquent également que certainsenfants ne manqueront pas de faire des cauchemars. D’autres à l’aube de l’adolescence, pourraient être fascinés par cette exaltation triomphante du satanisme et finir par s’adonner à des pratiques occultes. Ils demandent au maire derenoncer à sa construction. (source)
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La pétition dont il s'agit est l’œuvre (au noir ?) d'un groupe intitulé Pro Europa Christiana, qui semble n'être connue que de certains paroissiens mis en garde contre leur tentative de leur soutirer de l'argent... Comme si leur idéologie détestable ne leur suffisait pas !
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Cette volonté manifeste de censure d'un événement culturel comme celui de Toulouse par des fanatiques d'extrême-droite déguisés en catholiques intégristes n'est pas une première. Citons pour exemples de hauts faits d'armes de ces croisés d'un autre âge, déjà en Novembre 2011, la pièce Golgota Picnic, qui avait suscité la colère des mêmes illuminés, lesquels avaient organisé des prières de rue...Plus proche de nous, en mai 2023, les bas de plafond de Civitas avaient organisé une opération visant à l’annulation du concert de l’organiste Kali Malone, le 13 mai 2023, dans l’église Saint-Cornély de
Carnac. Belle ouverture d'esprit...
C'est toujours assez croustillant de constater qu'à la manœuvre, cette frange d'extrême-droite - qui crie à l'atteinte à la liberté d'expression à tout bout de champ quand il s'agit de propager sa haine raciste, islamophobe et xénophobe - est la première à la combattre en faisant censurer ce qui les dérange de près ou même de très loin comme ici. Car il n'est pas sans intérêt d'apprendre, afin de se faire une idée du contexte et des jeux des protagonistes de l'histoire du jour, que l'organisateur de ce spectacle est allé jusqu'à rencontrer des représentants du diocèse de Toulouse pour tenter de les convaincre du bien-fondé de sa démarche, qui n'a bien sûr rien de "cathophobe" comme ce genre de fanatiques tentent de le faire accroire pour assoir leurs intérêts idéologiques discutables. Mais on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif...
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Et si vous vous occupiez de vos prêtres pédophiles plus sérieusement, plutôt que de nous faire chier avec votre légende ? Ce spectacle en vaut bien une autre. J'espère que le Maire de Toulouse comme celui de Clisson ne se laisseront pas terroriser par ce genre d'obscurantistes.
(1) Guy de Kérimel, alors qu'il était évêque de Grenoble, a eu des propos plus que douteux à propos d'une affaire de pédophilie. Il avait été alerté par une victime du Père Ribes ( Un prête vitrailliste des monts du Lyonnais, pédocriminel en série), en 2016. Mais aucune enquête interne sérieuse n'avait été menée... (source).
(2) Référence à un extrait assez savoureux et mémorable du film Le Nom de la Rose, avec Sean Connery en Guillaume de Baskerville, qui dialogue avec un moine plus que sombre et particulièrement aigri... :
Le film de Jean-Jacques Annaud met en scène les dérives meurtrières auxquelles le fanatisme religieux peut conduire. Le doyen des moines, Jorge, personnage aveugle à la raideur terrifiante, tyrannise sa fratrie en lui interdisant de rire, étant convaincu que cette manifestation de l’esprit est un péché diabolique. Au cours d’un échange tendu avec Guillaume de Baskerville, Jorge développe son argumentation anticomédie. Voici le dialogue entre les deux hommes, initié par le vieux religieux :
« Le rire est un souffle diabolique qui déforme les linéaments du visage et fait ressembler l’homme au singe.
— Mais le singe ne rit pas. Le rire est le propre de l’homme.
— Comme le péché. Le Christ n’a jamais ri.
— En sommes-nous si sûrs ?
— Rien dans les écritures n’établit que notre seigneur ait ri.
— Rien dans les écritures n’établit que notre seigneur n’ait pas ri […]. Aristote a consacré le second tome de sa Poétique à la comédie. Il en fait un instrument de vérité.
— Vous avez lu cet ouvrage ?
— Bien sûr que non, ce manuscrit a été perdu il y a des siècles.
— Non, il n’a jamais été écrit. Parce que la Providence ne tolère pas que l’on glorifie des futilités. »
(source)
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